* Edito de Novembre

  • 30 novembre 2016

Fédérer les Acteurs des Soins Premiers

Soins extra-hospitaliers, soins ambulatoires, soins de proximité, soins de premiers recours, soins de première ligne, soins primaires, …
Autant de dénominations qui probablement se substituent ou se recoupent dans l’esprit des acteurs qui les utilisent. Mais ce foisonnement terminologique (et aussi sémantique) exprime probablement la difficulté d’appréhension de la notion de « soins primaires » dans le contexte français. Le concept de «soins primaires de santé» (primary health care) est promu activement par l’Organisation Mondiale de la Santé depuis sa déclaration fondatrice dite de Alma-Ata en 1978 en faveur du développement des «soins primaires de santé». Il fait l’objet de réflexions, d’analyses régulières et conditionne les politiques de santé dans de nombreux pays, notamment en Europe. Il mérite, toutefois, d’être interrogé à la lumière de la situation française. Il s’inscrit, en effet, dans une conception systémique des structures et moyens sanitaires présents sur un territoire donné comme un ensemble cohérent et coordonné, avec la distinction explicite de deux fonctions essentielles et complémentaires: une fonction de «soins premiers» (primary care) et une fonction de «soins seconds» (secondary care). Dans une approche «soins premiers» l’organisation des acteurs est centrée autour de la «santé» et non de la «maladie», ce qui implique une démarche, globale et fondamentalement préventive, développée auprès des populations dans la globalité de leurs besoins sanitaires.

Très prochainement sera annoncée la création d’une Fédération des Soins Primaires. Se retrouveront au sein de ce nouveau collectif des associations et des organisations professionnelles partageant le même souci de mieux répondre aux besoins de santé des populations. Ils s’allieront pour promouvoir l’exercice pluri professionnel, clé de voûte de cette démarche fédérative. Cela sera – nous l’espérons – la poursuite logique d’une transformation de l’organisation de notre système de soins vers un système de santé plus cohérent. Car dans le monde de la santé, les changements politiques et institutionnels, pour réussir vraiment, doivent s’articuler avec les changements professionnels et, vice-versa …

La réorganisation pluri professionnelle de l’offre sanitaire dans le secteur ambulatoire constitue assurément l’avenir. Mais cet avenir ne sera pas simple à construire ! Car il s’agit d’abandonner tout ce qui nous conduit au repli sur soi, à la méfiance de l’autre, à la concurrence stérile. Cette Fédération des Soins Primaires devrait donc rapidement ouvrir plusieurs chantiers. Le plus difficile d’entre eux sera sans doute de changer les cultures et mentalités professionnelles, afin que cette mutation des Soins Premiers devienne vraiment une réalité dans notre pays, durable et bénéfique pour tous.

Didier Ménard,                             Jacques Cittée

        Président                                Secrétaire Général

* Edito de septembre 2016

  • 25 octobre 2016

Que représentent aujourd’hui les MSP ?

Nous sommes rentrés dans une période particulière de la vie publique et politique française : les campagnes électorales pour l’accession à la présidence de la République.

Le monde de la santé s’interroge sur la place qu’occuperont les politiques de santé proposées par chacun des candidats. Il est à craindre, qu’une fois de plus, cette thématique soit probablement secondaire, voire marginale …

Une question nous concerne particulièrement : quelle place occuperont les MSP dans toutes les promesses électorales ? Il est fort à parier que tous en parlerons à l’occasion, chacun donnant sa propre perception. Nous savons que cette question est transversale, ce qui apparaît « naturel » pour les tenants d’une approche pluri-professionnelle en soins primaires. Pour certains les MSP seront perçues comme le pivot d’une nouvelle organisation territoriale de l’offre ambulatoire de santé. Pour d’autres les MSP pourront être le lieu de transformation de l’exercice libéral. Pour d’autres encore une solution à l’avancée de la « désertification médicale »…

Et pour nous ?

Les MSP représentent une nouvelle modalité d’organisation de l’offre ambulatoire de soins pour mieux répondre aux besoins de santé de la population : c’est déjà en soi tout un programme !

A la FémasIF, nous poursuivrons ensemble nos activités de « recherche-action » et de soutien aux équipes. Nous continuerons à innover et à donner à voir, à ceux qui le veulent bien, ces transformations en cours – à la fois locales et globales – de notre système de santé. Et celles-ci méritent assurément l’attention et le soutien de nos décideurs politiques, et ce au plus haut niveau.

Didier Ménard,                             Jacques Cittée

        Président                                Secrétaire Général

* Edito de juillet 2016

  • 25 octobre 2016

 Comment expliciter l’engagement de chacun dans l’équipe de soins
ou
Ecrire son projet de MSP

On peut lire ou entendre ici et là, surtout chez les « MSP sceptiques » que la création d’une MSP est très, trop compliquée, du fait de la « charge administrative ». Que faut-il comprendre par « charge administrative » ? Le dossier de présentation du projet de la MSP ? Celui-ci obéit à un cahier des charges public et, tout compte fait, permet d’expliciter les motifs et les souhaits des professionnels qui s’engagent ensemble dans la création d’une MSP.  C’est une étape nécessaire pour clarifier et valider par écrit l’engagement de chacun des professionnels de l’équipe en constitution. Car toute création de structure collective nécessite un contrat. Une fois ce projet écrit, il faut créer une SISA (Société Interprofessionnelle de Soins Ambulatoires) et renseigner un dossier pour bénéficier de nouveaux modes de rémunération (NMR). Certes, cela va occuper quelques heures. Mais ce temps dédié n’est pas supérieur à celui de la création d’une SCM (Société Civile de Moyens) ou d’une SEL (Société d’Exercice Libéral) qui, pourtant, ne suscitent pas autant de récriminations de la part des « MSP sceptiques ».
Bien sûr, on peut toujours faire mieux, et la FFMPS et la FEMASIF travaillent à simplifier tous ces dossiers administratifs.  Des progrès ont déjà été obtenus. Il est toujours désagréable de rencontrer dans une administration une psychorigidité qui vient compliquer l’écriture d’un dossier administratif, mais c’est alors le dialogue, parfois tonique,  qui permet de dépasser l’obstacle. Mais pas le rejet d’une démarche de constitution d’une MSP.

Prétendre que la contrainte administrative empêche la création d’une MSP est abusif et cache en réalité une autre peur : celle du passage de l’exercice solitaire à l’exercice collectif pluriprofessionnel. Cette peur est compréhensible, mais pourquoi se cacher derrière la « contrainte administrative » ? Affrontons la réalité, conjurons nos peurs, apprenons à travailler réellement ensemble. Les facilitations mises en place par la FEMASIF sont là pour aider à dépasser ces appréhensions. Il serait dommage qu’une « phobie administrative » empêche ceux qui le souhaitent réellement de monter dans le train de la modernisation de l’exercice libéral ambulatoire qui en a bien besoin.

Didier Ménard,                             Jacques Cittée

        Président                                Secrétaire Général

* Edito de mai 2016

  • 7 juin 2016

 Un vrai partenariat signifie un respect réciproque.

Le développement des MSP ne peut pas se faire sans un soutien institutionnel dans le cadre d’une transformation de l’organisation du système de l’offre de santé. Les équipes des MSP relèvent le défi d’adapter les pratiques pluri professionnelles aux besoins de santé de la population. Pour cela elles osent innover dans de nombreux domaines à la fois, elles produisent des nouvelles manières de soigner, et elles portent la révolution culturelle de passer du soin de la personne à la santé de la population. Que de changements en peu de temps ! L’actuel partenariat avec l’Assurance Maladie ne peut réussir que s’il se décline dans l’ensemble de l’institution, de sa direction nationale aux CPAM sur les territoires. Ce partenariat implique un respect réciproque.
Les CPAM avaient tout le temps et les moyens pour respecter leurs engagements dans le versement des subventions liées au règlement arbitral. L’excuse du 1er Mai pour expliquer le retard au versement des fonds est pitoyable, surtout quand on connaît toutes les conséquences qu’implique ce retard pour les équipes de soins primaires notamment pour le versement des salaires des personnes engagées dans l’action de soigner les populations.  Les équipes font des efforts importants pour satisfaire un cahier des charges du Règlement Arbitral par trop rigide et trop en décalage avec la réalité de la vie professionnelle. Il est irresponsable pour l’action commune que le premier grand rendez-vous entre le mouvement des MSP et des Centres de Santé avec les CPAM soit un rendez-vous manqué. Il faut se ressaisir, il faut anticiper les versements pour être à l’heure des échéances. Tout retard est trop pénalisant pour les équipes qui, elles, font l’effort d’être au rendez-vous des calendriers administratifs des dépôts de dossier. Les difficultés de part et d’autre sont déjà importantes; ne les aggravons pas par l’irresponsabilité et l’incompétence.

 

Didier Ménard,                             Jacques Cittée

        Président                                Secrétaire Général

* Les interventions et présentations de notre journée régionale FémasIF 2016

  • 15 avril 2016

La FémasIF vous propose ci-dessous les différentes interventions que vous avez pu voir et écouter lors de notre journée régionale du 06 février dernier.

Les supports des ateliers sont également téléchargeables sur notre site.

*Edito de Mars 2016

  • 29 mars 2016

En avant, marche !

Indéniablement, il y a de plus en plus de Maisons de santé qui s’inaugurent. Les rencontres de la Fédération Française des Maisons de Santé à Nancy des 11 et 12 mars 2016 témoignent de ce dynamisme et surtout de la force du mouvement, puisque les rencontres de Lorraine, ont été la vitrine du travail des MSP avec la jeunesse des participants, la pluri-professionnalité, et l’intérêt des représentants des institutions.
Ce brassage des expériences, la diversité des thématiques des ateliers, allant des sujets techniques aux fondamentaux qui rassemblent au sein des MSP, est bien la preuve que nous participons à une transformation du système de l’offre de santé que les historiens de demain qualifieront d’essentielle.
Certes les rencontres de Nancy ravivent les inquiétudes des soignants qui perdent de plus en plus leurs repères tant la crise de la médecine libérale est patente. Ces inquiétudes qui poussent certaines forces syndicales à dénigrer les MSP en répandant des accusations mensongères, en criant à la fonctionnarisation et au salariat de la médecine libérale, Il est pénalisant pour les professionnels de santé de refuser d’accepter qu’il soit grand temps de refonder l’exercice de la médecine en ambulatoire en inventant de nouveaux fondamentaux de la médecine libérale plus en phase avec la réalité d’aujourd’hui.  Avoir le souci de mieux répondre aux besoins de santé de la population n’est-il pas en démocratie la finalité de l’organisation d’un système de santé?
Alors n’ayons pas peur de regarder devant nous, de mesurer les défis à relever qui sont de nos responsabilités et tout en cherchant le plaisir et la satisfaction à travailler en équipe : nous inventons pour demain !

Didier Ménard,                             Jacques Cittée

        Président                                Secrétaire Général

Soirée thématique 12 avril 2016 ETP

  • 18 mars 2016

L’ETP, sur quel territoire ?

En partenariat avec le Pôle de Ressources en ETP Ile de France la FémasIF organise cette soirée à destination de ses membres.:

A ce jour, la majorité des programmes d’ETP sont encore hospitaliers ce qui réduit les possibilités d’accès au plus grand nombre, nous souhaitons voir se développer les programmes en ville avec les organisations de soins de premiers recours et particulièrement avec les structures d’exercice collectif  sur les territoires prioritaires.

L’objectif est de croiser les expériences des équipes pluri professionnelles en Maison / Pôle de Santé et de proposer une démarche d’auto-analyse de pratique.

Plusieurs questions restent posées :

- Qui fait l’ETP ? Qui l’organise ?

- Sur le quel modèle la développer : celui institutionnel actuel ou celui inventé par l’équipe de la MSP ?

- Comment faire : seul ou avec d’autres acteurs du territoire, comme ceux d’un Contrat Local de Santé ?

- Où trouver les ressources nécessaires ?

Toutes ces questions et toutes celles que vous vous posez à propos de la pratique de l’ETP dans vos structures doivent être l’occasion d’échanger et d’avancer ensemble.

Nous vous invitons à venir discuter, en partenariat avec le le Pôle de ressources en ETP Ile de France, le 12 Avril 2016 à 20h00.

AU 25 rue Polonceau Plan ICI

Inscriptions ICI

Et si vous n’avez pas encore répondu à notre questionnaire, il est encore temps!

Pour le bureau de la FémasIF

 

Didier Ménard et Jacques Cittée

Edito de février 2016

  • 7 mars 2016

C’est quoi une « équipe de soins primaires » ?

            Répétons le haut et fort : se considérer comme membre d’une équipe de soins primaires est tout à fait légitime dès lors qu’on adhère au projet de santé de ce collectif organisé et le fait vivre dans la durée. Alors ne bradons pas ce grand progrès, même pour sauver un jeu conventionnel qui semble encore rester bien en deçà des enjeux vitaux de notre système de santé.

            Il y a la définition de la Loi « art L1411-11-1 « : un ensemble de professionnels autour du médecin généraliste … (agissant) sur la base d’un projet de santé … ». Oui, mais est-ce si simple ?
Une équipe de soins primaires c’est un ensemble de professionnels qui portent un projet de santé pour une population, ou qui interagissent simplement sur un territoire ?  On voit rapidement que selon les définitions choisies des analyses peuvent conduire à des applications fort différentes de la loi.
Pour la FémasIF, une équipe de soins primaires comporte les deux aspects ; elle promeut la santé des personnes dont elle a la charge : c’est sa priorité, et elle intervient sur un territoire pour participer, avec d’autres acteurs, à la coordination des parcours de santé en fonction des problèmes et de la complexité des situations (par exemple les problèmes de santé liés à des pathologies neurodégénératives de type maladie d’Alzheimer).
La tentation serait grande de faire croire, pour satisfaire certaines revendications catégorielles, que ce serait la simple participation à une action de coordination qui suffirait à indiquer son appartenance à une équipe de soins primaires. Or une telle conception viderait de son sens la notion même d’ « équipe », car c’est le projet de santé avec toutes ses exigences qui donne sens et cohérence à l’équipe de soins primaires pour conduire dans la durée la coordination des parcours de santé. Le danger est – sous la pression des discussions conventionnelles – de voir décider qu’un acteur qui à un moment donné participe à une coordination de soins devienne de facto un membre d’une équipe de soins primaires, ce qui n’est pas sans risque sur l’évolution des montants des nouveaux modes de rémunérations destinés aux véritables équipes de soins primaires.

   Didier Ménard,                             Jacques Cittée

        Président                                Secrétaire Général

Les enjeux de l’article 64, par Didier Ménard

  • 26 février 2016

L’équipe de soins primaires

La loi de modernisation du système de santé, dans son article 64 définit l’équipe de Soins Primaire :
« Art. L. 1411-11-1.-Une équipe de soins primaires est un ensemble de professionnels de santé constitué autour de médecins généralistes de premier recours, choisissant d’assurer leurs activités de soins de premier recours définis à l’article L. 1411-11 sur la base d’un projet de santé qu’ils élaborent. Elle peut prendre la forme d’un centre de santé ou d’une maison de santé.
« L’équipe de soins primaires contribue à la structuration des parcours de santé. Son projet de santé a pour objet, par une meilleure coordination des acteurs, la prévention, l’amélioration et la protection de l’état de santé de la population, ainsi que la réduction des inégalités sociales et territoriales de santé. »

L’intitulé est clair, et ne devrait pas porter à une interprétation à géométrie variable. Cependant, comme souvent, il y a une tentation à faire entrer par opportunité, dans cette définition, des formes d’expressions de la pratique du soin, qui ne sont pas des équipes de soins primaires mais qui pourraient en être assimilé. C’est ainsi qu’un médecin et une infirmière qui communiqueraient pour le suivi d’un malade deviendrait de fait une équipe de soins primaires, et pourraient bénéficier d’une rémunération spécifique. Ce qui revient à écrire que ce n’est plus l’équipe de soins primaires qui organisation la coordination du parcours de santé, mais un ersatz de coordination qui définirait l’équipe. Soyons clair, que le médecin et l’infirmière communiquent, nous ne pouvons que nous en réjouir et le défendre en proposant de passer le pas et d’intégrer une véritable équipe de soins primaire, mais utiliser cette article de la loi pour grappiller pour l’exercice solitaire une rémunération supplémentaire au détriment du véritable travail en équipe, certainement pas.

A l’heure où l’organisation territoriale de l’offre de santé tente de se mettre en place, nous avons besoins de simplifier cette organisation. Vouloir redéfinir les missions des uns et des autres, et promouvoir cette nouvelle architecture à base de PTA, CPTS, CT, CTS, CLS ….. c’est prendre le risque de la confusion. Il est urgent de partir des besoins de santé de la population et organiser l’offre de santé au regard de ces besoins et non pas essayer d’adapter les besoins à une organisation descendante, sorte de mille-feuille de structures, qui n’ont pas fait la preuve de leur efficacité. La base de toute organisation territoriale, c’est l’équipe de soins primaires. La tâche est suffisamment ardue pour convaincre les professionnels de la nécessité du travail pluri-professionnel, pour se protéger d’une organisation territoriale qui fera fuir tous les professionnels libéraux de bonne volonté.

PTA = plate-forme territoriale d’appui
CPTS = Communauté territoriale de santé
CT = contrat de santé
CTS= conférence territoriale de santé
CLS = contrat local de santé